Une version française suit

 

Call for Submissions: livedspace issue 1 – Exception / State / Enclosure

 

The past year has seen struggles to increase access to higher education build across a variety of forms of protest. With the intensification of these forms, higher education as imagined by the State becomes a metonymy for the larger body of imperatives informing the State’s decisions under neoliberalism. As national struggles continue informing each other, from Chile to Québec, creativity in the forms of protest have consistently been confronted with the intransigence of the State. This intransigence, often exposing itself in blatant defiance of the democratic manifestations of a people, reveals the heavy-handed processes by which the State can continue to subordinate education to the rule of the market.

In the face of crisis, the State often formulates a fiction by which exceptional powers are vested into its leadership for the common good, and the security of a people is safeguarded by the intensification of repressive state apparatus. The disproportion of legislative and political powers thus formed creates a polarization of the public sphere, in which spontaneous forms of democracy are de-legitimized, and the State’s growing repressive force is perceived as necessary sacrifice. This reality of the state of exception has become a normal form of governmentality under neoliberalism. In increasing its force, the State sets a stage where a complicity is forcefully encouraged with the various actors accountable to it, such as police, jurists, municipal administrators. The forms of this complicity encourage a silence across sectors that belies the potentiality in acting together as different links in the chain pulled by the State.

It is with these implications that in late May the Québec National Assembly voted in favour of Bill 78 (‘An Act to enable students to receive instruction from the postsecondary institutions they attend’), imposing draconian limitations on freedom of speech and civil liberties. This law had the intention of dissipating a three-month student strike against tuition fee hikes imposed by the provincial government in their March 2011 budget. Through this exceptional law, the university revealed itself again as a fortress of the free market. It is in this enclosure of the ‘right to education’ that police officers were seen escorting students to classes where teachers stood dazed before them. How are we to understand the rhetoric of these spaces of exception, where the appearance of inclusivity within a shared right or common good meet the exclusionary reification of the free market’s enclosures? To what extent does the State itself anxiously escort commodities in a conventional movement through spaces where the air grows stale with this traffic?

How can we understand interruptions in the circulation and movement of neoliberalism in relation to the transfiguration of space? How do breaches in a conventional experience of time promote new growths in archetypal spaces –e.g. the strikes which have led students to nightly marches on commercial arteries in Québec or more than a hundred school occupations in Chile? To interrupt the circulation of the free market means more than a reappropriation of the reproductive spaces of capital or an opportunity for the voiding of its images. The time of the strike means the restoration of sight across managed topographies, spaces of lucidity for possible relations formed in them. An interruption in the normal time of transactions and exchanged goods is the means by which space intensifies with the potential of new transposable alliances. What are the ways in which we can think of how interruptions lead to the transfiguration of space, restored trust in the visible and the creation of new values in the spaces of habit?

We are seeking contributions in a variety of formats for the second issue of livedspace. We can accept visual projects (maps, charts, photos, etc.) as well as texts (essays, interviews, articles, reports, reviews, etc.) between 500 and 3000 words, in English or French.

If you wish to contribute a text, please send us a proposal with a description of under 500 words, being as precise as possible about length and themes. To contribute a visual project, please send us a short description in a few sentences and up to 10 images in PDF.

Please send all proposals by 15 July 2012 to: livedspace@livedspace.org

The final deadline for submissions will be 1 September 2012.

Proposals will be considered for inclusion by the editors. Unfortunately, we cannot offer monetary remuneration for this issue, however we will ensure contributors receive a final copy of the publication.

Bopha Chhay and Sydney Hart

livedspace

 

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Appel aux soumissions:  livedspace numéro 1 – Exception / État / Enceinte

 

Depuis plus d’un an, les luttes pour l’accès à l’éducation postsecondaire se développent en une pluralité de formes de contestation. Par l’intensification de ces formes, l’éducation postsecondaire tel qu’imaginé par l’État devient la métonymie d’un corps plus large d’ordres économiques dictant ses décisions aux gouvernement sous le neolibéralisme. Alors que des mouvements nationaux s’informent les uns les autres, par exemple du Chili au Québec, la créativité des formes de contestation ont par contre, de façon continue fait face à l’intransigeance de l’État. Cette intransigeance, par un mépris flagrant des manifestations démocratiques d’un peuple, dévoile la manière inique par laquelle l’État continue à soumettre l’éducation au modèle de l’entreprise.

Face à la crise, l’État formule souvent une fiction par laquelle des pouvoirs exceptionnels sont accordés aux dirigeants politiques au nom du bien commun et la sécurité d’un peuple est sauveguardée par l’intensification des appareils répressifs d’État. La disproportion de pouvoirs politiques et législatifs ainsi formée créé une polarisation dans la sphère publique, par laquelle des manifestations démocratiques spontanées sont dé-légitimées et la répression croissante de l’État est perçue comme un sacrifice incontournable. Cette réalité de l’État d’exception est devenue une forme de gouvernementalité normale sous le néolibéralisme. Avec l’accroissement de sa force, l’État monte la scène d’une complicité malmenée avec les acteurs qui lui sont redevables, tels que policiers, juristes, administrateurs municipaux. Les formes de cette complicité encouragent un silence à travers différents secteurs qui dément la potentialité d’agir ensemble en tant que différents maillons de la chaîne que tire l’État.

C’est avec ces implications qu’en fin mai, l’Assemblée Nationale du Québec vote en faveur de la loi 78 («Loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu’ils fréquentent»), qui impose des limites draconiennes sur le droit d’expression et les libertées civiques. Cette loi avait l’intention de dissiper la grève de trois mois menée contre l’imposition d’une hausse des droits de scolarité par le gouvernement Charest dans son budget de mars 2011. À travers cette loi d’exception, l’université se dévoile encore comme forteresse du libre marché. C’est dans cette enceinte du «droit à l’éducation» que des policiers sont vus escorter une minorité d’étudiants vers des classes où les profs se dressent hébétés devant eux. Comment comprendre l’amalgame d’intérêts dans cet espace d’exception, où l’apparence d’une inclusivité dans un bien commun rencontre la réification exclusive des enceintes du libre marché? De quelles manières l’État escorte-t-il lui-même, anxieusement, les commodités par un mouvement conventionnel à travers des espaces où l’air est rassis de son traffic?

Comment comprendre l’arrêt de notions conventionnelles du temps sous le néolibéralisme en relation à la transfiguration de l’espace? Comment est-ce que les brèches dans le temps du statu quo encouragent-elles de nouvelles poussées aux espaces que nous reconnaissons différemment, par exemple avec ces grèves qui ont mené à plus d’une centaine d’occupations d’écoles au Chili et aux démonstrations nocturnes à travers des artères commerciales du Québec? L’arrêt du temps normal du libre marché offre plus que la réappropriation des espaces de la machine capitaliste ou encore l’occasion de dévider les images qu’elle créé. Le temps d’une grève offre une «rénovation du regard»[1] à travers des topographies gérées, des espaces de lucidité pour les relations possibles formées avec elles. Un arrêt au mouvement des transactions et de l’échange de biens est un moyen par lequel l’espace s’intensifie avec le potentiel de nouvelles alliances transposables. De quelles manières pouvons-nous donc penser la transfiguration de l’espace, la création de nouvelles valeurs dans les espaces de l’habitude et la confiance rénovée du regard?

Nous sommes à la recherche de contributions aux formats variés pour le second numéro de livedspace. Nous acceptons projets visuels (cartes, diagrammes, photos, etc.) ainsi que textes (essais, entrevues, articles, rapports, recensions, etc.) entre 500 et 3000 mots, en français ou en anglais.

Si vous désirez contribuer un texte, merci d’envoyer votre proposition avec une courte description de moins de 500 mots et autant de précision que possible quant à la longueur et aux thèmes du texte. Si vous désirez contribuer un projet visuel, merci d’envoyer une courte description en quelques phrases et jusqu’à 10 images en format PDF.

SVP envoyez vos propositions d’ici le 15 juillet 2012 à: livedspace@livedspace.org

La date de tombée finale pour les soumissions sera le 1er septembre 2012.

Les propositions seront considérées par le comité de rédaction. Malheureusement, nous ne pourrons offrir de compensation financière aux participants, mais nous tâcherons de leur envoyer une copie finale du numéro.

Bopha Chhay et Sydney Hart

livedspace



[1] INSTITUT DE DÉMOBILISATION (2012). « Thèse no 12», Thèses sur le Concept de Grève, Paris, Éditions Lignes, p. 20.